Le
Beatmaker Creestal nous
vient tout droit de Marseille, DJ/ Beatmaker passionné de musique,
arrivé dans l'univers du hiphop très jeune en 93 par le graffiti,
il a commencé à exprimer sa créativité en premier dans les
arts graphique parrallement à la musique, au milieu des années 90.
Premières
platines en 96 puis la machine indispensable des beatmakers,
la MPC2000 en
98. Il produit pour son groupe karkan jusqu'un
2007, avec qui il a sorti un maxi vynil et un album en 2005 (vous
pouvez trouver en téléchargement libre la tape intitulé 'lost
tape'
avec plus de 25 titres inédits du groupe).
Creestal a
signé son album solo BEAT'EM
ALL sur
le label indépendant Parisien "JUSTLIKE",
un album composé de 27 titres instrumentales basé sur le sampling,
emprunt de soul, de funk, de jazz "Beat'em
All"
fait référence essentiellement a la black music des années 60 a 80
mais aussi et surtout a ses influences directes, les pilier de la
culture hiphop comme Marley
marl, Pete rock, Primo, Dre, Rza...
il
a collaboré avec de nombreux artiste de la scène française
comme Specko, Mil, Namor, La
Fine Equipe (la
boulangerie)
des remix pour Sat,
Fantastic Planet (Matic from
"The
Other")
et prépare actuellement un album commun avec MoShadee originaire
du New Jersey, sous le pseudonyme de
CM JONES.
Note
de Creestal sur
son approche artistique de son travail :
J'aime
décomposer les samples comme on découpe du papier pour recomposer
et raconter une nouvelle histoire. Le beat doit être la plateforme
de mes compositions, la rythmique est véritablement le squelette.
J'essaie avant tout de trouver une énergie singulière, je peux
passez plusieurs jours sur une basse et batterie et parfois je peux
trouver un sample parfait qui se suffit à lui-même et qui me
demandera juste 30 mn de travail, c'est la magie de la musique, je
n'ai pas de recette particulière, je fonctionne au feeling.
Autodidacte, J'essaie de développer mon propre univers, trouver une
dimension esthétique et picturale à chaque son, c'est le moteur de
mes créations
Avec
pas moins de 6 sorties dont l’album 'BEAT'EM
ALL',
et les 4 digitals albums'INSERT
COIN',
2 productions avec 'RAIN
ALL OVER THE WORLD' et'RIGHT
BACK' avec CM
jones,
un remix 'Fantastic
planet sniper'.Creestal reste
particulièrement actif, de plus les pochettes sont toutes bien
réussis!
Raoul Sinier – The Melting Man +
Interview (Tigerbeat6)
Genre : Electronique, Drill,
Hip-hop, Musique sale, Autre, Divers
Quelques mois
seulement après la sortie de son dernier « Cymbal Rush / Strange
Teeth & Black Nails », Raoul Sinier revient, des projets plein
les poches, des idées plein la tête. Mais cette fois-ci, l’artiste
semble s’être attaqué à quelque chose d’autre. Pas de
révolution musicale à proprement parlé, mais bel et bien une
évolution évidente. Ici, on écoute des productions plus lourdes,
plus aplaties peut-être, toujours aussi efficaces, à un détail
près : après la réalisation de ses pochettes d’album, de ses
clips et bien entendu de ses productions, Raoul Sinier a désormais
saisi le pouvoir des mots, celui de la voix, et nous bastonne
tendrement les oreilles à la manière d’un Thom Yorke en
ébullition.
Le premier morceau, « We Fly », porte bien
son nom puisqu’on s’envole très facilement dans cet EP aux
couleurs mélodiques, rapidement suivi par « We Fly Part. 2 »,
légitime petite sœur instrumentale qui nous permet d’allonger le
plaisir. La moitié de cet EP étant déjà atteinte, c’est très
curieusement que je découvre « All Night ». Raoul reprend sa
formule efficace, en débutant le morceau par un breakbeat un peu
crasseux, rapidement rejoint par un synthé guttural, et rebelote, la
voix de l’artiste, plus grave que sur la première piste.
Travaillée différemment, m’explique-t-il. On ne sait pas à quoi
s’attendre et subitement, à la moitié du morceau, tout change.
Alors on s’échappe vers une nouvelle dimension carrément plus
électronique, avec de nouveaux courts samples de voix, et ce
breakbeat qui s’envole encore au fur et à mesure avant de
finalement fondre comme une épilepsie musicale. Le tout est
architectural, assez gargantuesque, avalant tout sur son passage.
«
The Melting Man » clôture cette belle ascension, sur une production
plus calme, mais une voix déjà plus assurée qu’au début, plus
audible aussi. Mais finalement, c’est bien le chant qui est
obsédant sur ce nouvel essai très réussi. La comparaison avec Thom
Yorke était bien entendu fallacieuse (quoi que !), un peu facile,
mais elle reste évidente à plusieurs points de vue. Comme cette
manière de presque fusionner instrumentale et voix pour ne former
qu’un tout, pas un ensemble rapiécé. Celle aussi de laisser
trainer cette voix bien travaillée sur de longues secondes,
accompagnant les synthés fous et les rythmes mutants.
C’est
donc un bien bel exercice qu’a réalisé Raoul Sinier avec ce
nouvel EP. Rarement habitué à me décevoir, celui qui est devenu un
grand monsieur de la scène électronique underground (sans rien de
péjoratif) française risque d’encore nous surprendre sur l’album
à venir fin juin, dont il me parle, entre autres, dans l’interview
ci-dessous.
Adikt : Depuis que tu chantes sur certaines
pistes désormais, est ce que ça change quelque chose pour toi au
niveau de la composition musicale ?
Raoul Sinier : Je
commence toujours par la prod. Ce qui a changé, c’est que je me
sens moins le besoin de faire des compos super compliquées. Je peux
le faire un peu plus cool. La voix habille énormément. La musique
électronique est d’ordinaire super linéaire, et ça me fait
chier. Mais quand il y a de la voix, ca change un peu la donne. Ce
qui ne veut pas dire que je vais faire uniquement
refrain/couplet/refrain/couplet, mais ça a changé pas mal les
choses. Mais en ce qui concerne la manière de travailler, c’est
toujours un peu pareil: je commence à faire la musique et ensuite
seulement j’agrémente avec plein de détails. Mais en revanche,
c’est pratiquement toujours la voix qui vient en dernier, quand
l’ensemble est plus ou moins installé.
Adikt : Tu
parles de musiques moins « compliquées ». Ca veut dire que c’est
moins chargé ? Avec moins de détails ?
Raoul : Non.
C’est surtout au niveau de la composition. Sur mon album précédent
les morceaux changent toutes les cinq secondes. Il y a beaucoup de
variations au niveau de la composition, beaucoup de cassures, etc.
tout en gardant une structure cohérente. Là, il y en a un peu
moins. Par contre, la musique est toujours aussi « complexe ». Avec
le temps, j’en avais aussi un peu marre de mettre des batteries
complètement surchargées, même si j’aime encore énormément ça.
En fait, j’évite de faire toujours le même truc. Mes morceaux
c’est souvent une espèce de montée, et à la fin je me retrouve
avec 6 000 pistes !
Adikt : Même avec la complexité
de la plupart des morceaux, tu restes l’un des artistes les plus
prolifiques en France. Comment appréhendes-tu chaque nouvelle sortie
?
Raoul : D’abord, je tiens à préciser que si je
suis très productif, finalement pas tant que ça. Cette année
j’aurai probablement sorti 3 disques (2 EP et un album). Mais mon
dernier EP date de 2009. Au final, ca fait une vingtaine de morceaux
en 2 ans : c’est pas tant que ça. En ce qui concerne chaque
nouvelle sortie, je ne réfléchis pas vraiment là-dessus. Je fais
des morceaux et j’y vais. Au bout d’un moment, un truc se fait de
lui-même. J’ai commencé par ce qu’on appelle du
abstrakt-hip-hop, à défaut de meilleur terme. Après, je suis allé
plus loin dans le coté électronique sur le deuxième album. Pour le
troisième, c’était de la musique ultra compliquée et frénétique.
Mais ce virage, je m’en suis aperçu en le faisant. Pour aller vers
autre chose, je suis revenu vers des ambiances plus calmes. J’ai
aussi commencé à chanter, et de plus en plus. Mais je ne me force
jamais à aller dans une direction donnée. C’est surement ce qui
rend le tout assez cohérent, puisque je me laisse aller à faire ce
que je veux.
Adikt : Justement, as-tu l’impression
d’avoir passé une nouvelle étape avec cet EP et l’album qui
arrive (en juin, ndlr) ?
Raoul : Oui j’ai
l’impression, mais pour moi c’est le cas à chaque nouveau
disque. Ce n’est pas forcément un virage, car il y a toujours un
fil rouge. Par exemple, le fait qu’il y aura désormais beaucoup de
chansons, c’est assez différent par rapport à avant. Mais ça
reste la même musique. Certains voient dans cette nouveauté un
changement du tout au tout. Alors que pour moi, ce n’est pas
vraiment le cas.
Adikt : Avec l’ajout de voix, tu as
forcément du rebosser la technique !
Raoul : Oui
évidemment. J’ai appris sur le tas, en demandant des conseils,
mais surtout en le faisant. Par exemple, il y a un morceau sur la
compilation « Tsunami Addiction » où ma nana chante dessus : on a
enregistré sa voix avec le micro du PowerBook. Grosso modo, le pire
truc de la terre. J’avais énormément de parasites, mais j’ai
réussi à en faire quelque chose de bien. Bon, pour mon album j’ai
quand même investi dans un micro et une carte d’acquisition. Mais
cela dit ca reste un peu du bricolage. Et je fais en sorte que ca
marche, en essayant de tirer parti des défauts. Dans l’album qui
va sortir, j’avais mis beaucoup d’effets sur la voix, des
dédoublages comme pour faire des chœurs par exemple.
Adikt
: L’album qui sort en juin a été terminé avant ce nouvel EP !
Est-ce qu’on doit s’attendre à un petit retour en arrière
?
Raoul : Non, pas vraiment, même si je m’étais
posé la question. L’album est beaucoup plus long, plus complet. Il
sera plus varié aussi, avec des choses plus calmes, plus énervées,
plus lentes, etc. Il y aura beaucoup plus de diversité, à tous les
niveaux, le tout sur 10 pistes pour environ 50 minutes. J’ai
d’ailleurs refait des morceaux un peu plus longs.
Adikt
: Quels sont tes gros coups de cœur du moment ?
Raoul
: En ce moment, ce n’est pas très original mais c’est le dernier
album de Metronomy. J’ai trouvé ça super bien. Je suis allé
écouter les albums d’avant, mais ils ne m’ont pas trop plu. Sur
ce dernier projet j’ai trouvé le tout vraiment très
subtil.
Adikt : Un dernier mot ?
Raoul :
Pas de dernier mot. T’es toujours tenté de faire une espèce de
blague pourrie… et ça ne marche jamais !
Artiste compositeur renommé de la
scène reggae/ragga/hip-hop, Killa Carltoon est de retour dans le
paysage musical français avec un nouvel opus après trois albums
dans les bacs"Premier Chapitre" groupe
OSP,1999,"Fleau-Style",2002, "Pm et Killa Carltoon" .
'ADDICT' est résolument plus orienté
World Music, plein de fraîcheur et d'originalité.
Sens du
gimmick, lyrics explosifs, flow (d)étonnant, il est une figure
reconnue du ragga français. Dès le milieu des années 90, Killa
écume les sound systems et participe à des tournées importantes,
affirmant sa richesse musicale et une identité très forte.
Fort d’une personnalité affirmée
et d’une voix si particulière, cette artiste n’a jamais eu peur
de casser les barrières musicales, tout au long de sa carrière.
Doté d’une puissance vocale impressionnante et d'un débit
sidérant, il impose son style à chaque étape de son
évolution
musicale.
Killa s’affirme ainsi en tant
qu’artiste de scène : il en fera même son domaine de prédilection
!
Il assure des scènes majeures : le Zénith de Paris,
l’Olympia (à deux reprises, première partie de Sergent Garcia),
les Francofolies de la Rochelle, la Nancy jazz festival,
l’Elysée-Montmartre, la Villette, le Printemps de Bourges (à deux
reprises)... Il joue également en Belgique, en Suisse, en Allemagne,
au Soudan(AFAA/Culture France)....
Il démontre alors une
capacité hors du commun à faire bouger et danser le public, ce qui
lui vaut le respect de la scène rock, électro ou jazz.
Le disque "Addict"
est une invitation au voyage, à l'amour et à l'espoir. Il exhale
sans complexe les saveurs de l'IIe Maurice, pays de ses origines et y
mêle des accents reggae, ragga, latino voir orientaux…
Killa est de retour, et
comme le titre de l'album le précise, vous risquez fortement de
tomber tous Addict
"Qui
rêve encore ? D’ailleurs qui en a le temps ?"
Fraichement
sorti de l’album « Les Courants Forts » fomenté avec son
néo-complice Iris, Arm revient quelques semaines plus tard avec un
projet sous la bannière de Psykick Lyrikah. Et quel projet… Ce «
Derrière Moi » est d’une autre nature, d’une dimension
nouvelle, placé sous un signe différent. Avec cet opus, le MC Arm
risque d’ailleurs de perdre une partie de son public, tant
l’atmosphère est singulière dans l’approche artistique.
Composé
de onze pistes, l’album est très homogène, et débute avec «
Dans les temps », qui plonge dans l’ambiance pour le reste de la
galette. Electronique. Premier mot qui s’impose. Les instrumentales
sont, au-delà de l’aspect original, osées. C’est d’ailleurs
ce qui détermine cet album : osé. Sans tomber dans les clichés, on
flirte entre hip-hop-électro avec une grosse touche « grime »,
bien que je déteste le terme, et un rythme global assez lent, bien
aidé par les rythmiques très sèches de l’album.
Arm,
quant à lui, ne sourcille pas. Les textes sont toujours clamés avec
cette ferveur qui lui est propre. On y plonge et on débarque dans
son univers textuel lapidaire, nourrit, prompt à la réflexion et
aux idées exaltées. Finalement, les deux morceaux déjà en écoute
(« Jusque là », et « Qui ») sont peut-être les plus
rentre-dedans de l’album. « Quelle langue » épouse elle aussi ce
registre un peu direct et sans détour.
La
mélodie reprend ses droits sur une autre piste, « Personne », et
son rythme accentué par des synthés légers. Mais très vite, on
plane, avec « Nos ombres », son beat effacé et ses longues
trainées électroniques mélancoliques. Comme rarement, Arm se livre
sans détour. « Parfois
j’envie ces choses bien plus simples // J’aimerais les dire
autrement parfois, mais les craintes sont sévères ».
Je
sors de ma quiétude sur le dernier titre de l’album, « Derrière
moi », et cette instru qui se rapproche plus d’un hip-hop
traditionnel, bien que toujours dans la même veine que le reste de
l’opus. Ce titre est par ailleurs à rapprocher avec le seul
featuring de l’album, signé avec Iris, plus obscur que ce que l’on
avait entendu sur « Les Courants Forts », mais aussi plus limpide
en ce qui concerne l’association des deux MCs, qui devient
l’évidence même. Parfois, j’ai eu l’impression d’avoir
à faire à un album plus sombre, plus abrupt, sur la totalité des
pistes. L’impression d’une force vive qui s’est mutée en une
sensibilité exacerbée via la musique en elle-même et les paroles
qui l’accompagnent. Enfin, Arm pèse lourd avec des textes encore
très profonds, caractéristiques du chanteur, qui malgré tout
prennent souvent le dessus sur des instrumentales radicalement
différentes.
Voici
donc ce que j’ai pensé de cet album, qui n’a donc rien à voir
avec le reste de la discographie de l’artiste. Pour aller plus en
profondeur, Arm a eu la gentillesse de m’accorder un peu de temps
pour répondre à mes questions. Interview.
«
On a sauvé nos rêves, on a craché nos peines, on a vu, rien
compris, on a tué nos pères, c’est le son des éclairs »
Adikt
: Salut. Ce prochain « Derrière moi » sonne d’une manière
radicalement différente avec ce que tu as sorti jusqu’ici, en tout
cas au niveau instrumental. Etait-ce une volonté de changer les
choses ? Créer différemment ?
Arm
: J'ai voulu bousculer un peu les automatismes, et revenir à une
énergie plus rap, plus massive et plus brute. Je suis très fier de
tous les projets précédents, mais je fonctionne en terme d'envies
selon les périodes, là c'était cette esthétique vers laquelle
j'avais envie d'aller. J'étais dans une période où je réécoutais
beaucoup de rap, je voulais casser les quelques codes que j'avais
construit et dégager le temps d'un album tout instrument, quel qu'il
soit.
Adikt
: Cet album parait un peu « self-made » dans le sens où il n’y a
qu’un seul featuring (avec Iris). Qui as-tu appelé en renfort pour
les instrumentales ? Je crois aussi savoir que tu as fait appel à
Reptile (NTM, Assassin, etc.) pour le mixage. Pourquoi lui ? Tu peux
me raconter la rencontre ?
Arm:
Pour les sons, j'ai tout produit, sauf "Jusque-là", qu'on
a composé avec Tepr. Je n'avais pas bossé avec lui depuis la
période d'Abstrakt Keal Agram, et j'ai toujours aimé sa façon de
travailler. Même si ce qu'il fait aujourd'hui me parle moins,
j'avais envie de lui demander un coup de main sur un titre, et vu les
couleurs très synthétiques de l'album, c'était le moment idéal.
Le titre est un de ceux dont on me parle le plus, en bien comme en
mal, c'était exactement ce que j'attendais ! J'en suis très
content, le groove hyper lent de ce morceau a quelque chose
d'étrange. Pour le mix, j'ai contacté Reptile parce que j'avais
plusieurs albums qu'il avait mixé et dont j'aimais le son. Je lui ai
envoyé les disques précédents et la maquette de "Derrière
Moi", on a passé une semaine en studio, de manière très cool,
sans prise de tête. C'est un mec très talentueux et j'ai vraiment
trouvé que c'était important de mettre sa participation en avant
pour la sortie du disque, parce que c'est le "featuring de
l'ombre" en quelque sorte.
Adikt
: La totalité de l’album parait encore plus sombre que ce qu’on
avait connu jusqu’ici (même si j’ai lu que tu pensais le
contraire !), avec des thèmes abordés qui sortent de l’ordinaire.
Quel message as-tu souhaité véhiculer dans cet album ?
Arm
: Surtout aucun message…y'a pas vraiment de thème, ni de concept
particulier sur ce disque, c'est juste des réflexions autour d'une
période charnière de ma vie. Je ne me raconte pourtant pas trop,
mais j'essaie de laisser une trace de moments de vie, comme d'autres
le font en écrivant un livre, en peignant, etc.
Je
ne voulais pas que ce disque soit perçu comme un disque sombre dans
le discours, il y a des doutes, des réflexions un peu tristes sur
des choses, mais ce qui est important, c'est toute l'énergie
derrière. Le texte de "rien ne change"par exemple, c'est
une putain d'ode à la vie, mais j'ai l'impression que peu
l'entendent finalement. Tant pis. Moi je suis heureux de vivre, j'ai
pas envie d'avaler des barbituriques comme je viens de le lire sur un
blog. Si c'était le cas, je n'irais pas m'emmerder à sortir un
disque tout seul et à aller donner des concerts en étant fier de
faire la promo de mon travail. "Derrière Moi", c'est tout
ce que je laisse de pesant pour mieux rebondir.
Adikt
: Quels sont tes projets actuels et futur ?
Arm
: En priorité promouvoir cet album sur scène, on est d'ailleurs en
plein dedans, et commencer à se pencher sérieusement sur une suite
de "Acte" avec Olivier Mellano. On finit aussi quelques
dates du spectacle "Richard III" qui nous a pris pas mal de
temps, il y a quelques autres petits projets annexes avec David
Gauchard. Je suis aussi en train de réfléchir à d'autres projets
de disques, et déjà au prochain album de Psykick…
Adikt
: Un dernier mot ?
Arm
: "Vive la vie" mais pour de vrai. Et merci à toi, comme
d'habitude. Venez nous voir les 22 avril à Rennes et le 12 mai à
Paris à la Maroquinerie pour du Psykick en mode marathon avec toutes
les formules possibles, et la présence d'iris pour enfin du live des
"courants forts "!
Raoul Sinier – Cymbal Rush /
Strange Teeth & Black Nails + Interview (Oeuvre Records)
Genre
: Electronique, Drill, Hip-hop, Musique sale, Autre, Divers
Terrasse
d’un café. Je me bastonnais les oreilles sur le dernier World’s
End Girlfriend. Une pure tuerie. J’attendais celui que l’on
appelle désormais Raoul Sinier. Musicien, artiste numérique,
vidéaste, réalisateur et maintenant chanteur, l’homme se fond
dans la masse. Crâne dégarni, café, bière, moi qui lui clope à
la gueule, la discussion part sur son boulot d’artiste. Puis elle
dérive, lentement, vers la musique. Ce « Cymbal Rush » que les
Adikt de Raoul attendent avec impatience. Impatient, je l’étais,
de pouvoir en savoir plus. Tenir au creux de ma main le secret de ces
mecs qui vous font vomir les oreilles de plaisir.
Le
prochain EP, prévu initialement pour septembre, est repoussé plus
tard (octobre, novembre...). Evidemment, on espère secrètement
qu’un EP ne soit que les prémices d’un projet plus complet. «
Ouai, l’album va arriver, surement en 2011, mais il n’est pas du
tout encore prêt. C’est que le début. Et maintenant, je chante !
C’est assez différent, tu verras. Mais je change un petit peu ».
La première bonne nouvelle vient de m’éclater à la gueule. Et
mon petit sourire dissimulé passe inaperçu (?).
Mais
puisque l’avenir est programmé, j’en reviens aussi sec au
présent. Je vide une gorgée d’Orangina. Son café terminé, Raoul
choisit une bière brune. Et la discussion part sur Thom Yorke. « En
ce moment, je fais plein de reprises. Surtout pour chanter, tenter
des choses nouvelles. Et ce label anglais m’a contacté, Oeuvre
Records. Tu remarqueras qu’il n’y a pas de « e dans l’o » !
Et en fait, à ce moment là, j’avais rien de précis. Alors on a
trouvé des trucs. Par contre, j’avais cette reprise de Thom Yorke.
Ca leur a plu, et puis j’ai ressorti quelques morceaux ». Voila
donc de quoi est fait ce futur « Cymbal Rush », dont le titre est
tiré de « The Eraser ».
Alors on reparle graphisme, et
Raoul me lance un de ces trucs que généralement, je ne comprends
que quelques années plus tard. « T’as pas remarqué l’analogie
avec la pochette de l’album de Thom Yorke ? ». Euh non… dis-je,
penaud. Et effectivement, ça te crève les yeux quand t’y pense. «
De toute manière, c’est eux qui sont venus me chercher. J’ai
fait tout l’artwork. Je leur ai pas vraiment laissé le choix ».
Mais au fait, c’est quoi ce label ? « Je suis allé écouter, y’a
des trucs bien, d’autres moins bien ».
Et c’est quoi
un truc bien (la discussion part en vrille…) ? Pour moi, c’est
principalement quand ça m’arrache la gueule. Les musiques qui vous
retournent le cerveau. Un peu comme quand on tombe amoureux : boule
dans le ventre, crise de foie et sourire niais. Raoul semble
approuver. « Moi, je vois toute la musique en noir et blanc, triste
ou gai, lent ou rapide, simple ou compliqué… J’aime pas quand
c’est pauvre au niveau de la compo. Même si c’est du Autechre,
un bon morceau doit avoir une bonne composition ». Je le sais
d’avance : il n’aimera pas que j’écrive ça. Parce que ce
serait trop vite résumer la substance de son message. C’est
l’émotion qui intéresse, pas le contexte. Alors Raoul reprend une
bière. Et moi aussi.
« Tu vois, dans le hip-hop, ça
tourne souvent avec une boucle sur tout le long du morceau ». Ok
Raoul. Mais certaines fois, c’est efficace. « Ouai, c’est vrai
aussi… ». De toute manière, je ne pourrais jamais résumer ce que
Raoul, et probablement moi, avons voulu dire sur le moment. En tout
cas, pas en quelques lignes. Et ton style ? « J’en sais rien.
Electronique, un peu hip-hop… ».
J’attaque donc sur
l’utilisation des samples. « Ces choses qui peuvent apporter à ta
musique, vraiment, y ajouter des notes auxquelles t’aurait jamais
pensé ». De toute manière, je voulais en venir autre part. Sur
l’évolution. Cet écart de style constaté entre l’imprononçable
« Wxfdswxc2 » (qu’il prononce parfaitement) et « Tremens
Industry ». « Ca me fait plaisir de pas provoquer la même réaction
chez tout le monde. La différence entre les albums, c’est
simplement parce que j’avais pas envie de refaire ce que j’ai
déjà fait. Même si je reste dans le même type d’émotions. Tu
vois à un moment, j’étais trop enfermé dans le trip « Brain
Kitchen », ou j’envoyais tout casser. J’ai mis du temps avant
d’en sortir ». Et apparemment, la rapidité entre les sorties,
c’est pas de sa faute. « Brain Kitchen » est sorti un an après
sa finition. « Il y a eu un embouteillage, donc tout est rapidement
sorti. Aujourd’hui, je suis revenu sur un débit un peu plus
normal. A savoir un album tous les ans, un an et demi… Mais ça ne
me gênerait pas de ne rien sortir pendant longtemps. La musique, je
la fais quand je la sens. J’attends l’inspiration. Même si de
temps en temps, je me force ». Pour le moment, nous, on se délecte.
On n’appréhende pas. Et Raoul Sinier fait parti de ces artistes
avec qui on évolue.
J’ai eu ce que je voulais : une
bière, des clopes, des informations, une rencontre très sympa.
Alors je lui laisse le dernier mot : « L’intellectualisation de
l’art c’est la panique. Il faut mieux se suicider que de trop
théoriser sur l’art. Ce qui n’empêche pas d’en parler
longuement ». J’y réfléchis encore… « Mais c’est peut être
pas le meilleur mot de la fin ! ».