OUESTIME

Apollo Brown - clouds

 


Pour ceux qui ne connaissent pas encore Apollo Brown, une petite introduction s'impose ; originaire de Detroit, ce producteur s'est lancé sur un projet personel instrumental en 2007 'skilled trade', il sort  ensuite en 2009 'Make Do'. Mais la véritable révélation au public se fera avec 'the reset' ou l'on retrouve bon nombres de rappeurs comme black milk, stik Figa, the regiment, grap luva et the left.

The left justemment, le groupe avec qui il sortira  et produira l'ensemble du LP 'Gas mask', véritable petite bombe musical et qui restera comme l'un des meilleurs album de rap de 2010.

Avec 'Clouds', Apollo Brown nous sort un projet entierement instrumental, d'une forte influence soul et imprégner de B.O de film, ce LP nous livre une série de 28 titres ponctuées d'interlude (nottament celle ou il rend hommage a dj shadow, ). Il y a une véritable maturité sur la production et il est difficile de tirer un ou deux morceaux d'un album maitrisé à la perfection. Bien sur on retiendra le titre 'Heirloom', avec ses accords de guitare  et son beat hypnotique, ou 'one chance' avec son tempo qui arrive tout en douceur, 'choices' et son mélancolique refrain. Sans oublier 'shadows of grief' ou l'influence de compositeurs de film tels Mike Olfield et Gorgio Moroder se fait sentir.

Mais c'est surtout, un album qui s'écoute de la première à la dernière minute, sans qu'une seule fois l'harmonie des productions ne se brise. Une véritable réussite, la tête dans les nuages, Apollo Brown nous fait voyager sur 'Clouds' et est définitivement à classer comme l'un des meilleurs producteurs de ces 2 dernieres années.

Pour se procurer l'album : 

http://itunes.apple.com/us/album/clouds/id415735027

reno



CM JONES



CM Jones est la réunion du Beatmaker Marseillais Creestal et du rappeur de New Jersey Moshadee.

Leur premier EP "Our World" délivre un Hip Hop "chill" aux sonorité Soul, Jazz entre old school et new school, parfait pour les fans de Little Brother, Madlib, Kanye West ou Mac Miller. On y retrouve aussi un remix des beatmakers de La Fine Equipe (La Boulangerie/Fantastic Planet).

Moshadee est un jeune rappeur prometteur du New Jersey autant fan de J Dilla que de Kanye West, il a sortie plusieurs mixtapes/albums dont Dream Livin" en 2011.

Creestal est un activiste de la scène Hip Hop marseillaise depuis 98 dans le graffiti comme dans le beatmaking au sein de son groupe Karkan.

Il a collaboré avec de nombreux artistes tel que Namor, Specko, Sat (FF), Daffysam ou Amanda Diva aperçu aux cotés de Qtip.

En 2007 sort son premier album solo "Beat’em All" sur le label Just Like, un opus basées sur le sampling emprunts de Soul, Funk, Jazz, 27 titres résolument Hip Hop très bien accueillis par la critique et le publique.

En 2008 et 2011 il apparaît sur les compiles de La Fine Equipe "La Boulangerie" (2008 & 2011) devenues incontournables dans le Beatmaking français.

Aux cotés du rappeur Ysae il produit l’album "Pop Art Lyrical" et entame une tournée en 2010.

Creestal rencontre Moshadee en 2007 grâce à Myspace. Il participe à son album "Grove Street" en 2011, puis commence une véritable collaboration ; de cette alchimie parfaite nait le projet CM Jones. Ils ont déjà commencé à se produire ensemble sur scène et travaillent actuellement sur leur album.

Un sans faute pour les prods de Creestal alliées à la fraicheur de Moshadee au "mic".


https://creestal-art.com/musique/creestal/



Interview - Dj Dee Nasty

 


Jyuza & Stoof pour HipHop Hourra: Tout d'abord merci d'avoir répondu présent pour l'interview.

Dee Nasty: Merci à vous de m'avoir contacté.

3H: On va éviter tout de suite de perdre du temps, 'Dee Nasty', c'est aujourd'hui plus qu'un nom donc on va pas te questionner sur ta rencontre avec le HH; les gens pourront faire eux-même leur recherche, venir te parler aussi, mais notre première question sera, où étais-tu ces dix dernières années ??

Dee Nasty: Ben toutes ces dix années, je suis resté 'là', toujours en activité. Quelques mésaventures par-ci, d'autres rencontres par-là. J'étais en maison de disque chez Polydor, qui apparemment était chaud pour me sortir, mais entre temps il y eu un changement de directeur artistique avec toutes les mauvaises que cela entraîne: conflit de gestion et donc mauvais management à l'arrivée. Parallèlement à tout ça, je faisais la navette Paris/New York, j'animais des soirées.

3H: Tu as eu de bons retours ?

Dee Nasty: En fait, j'y suis allé surtout pour le challenge. Je savais que j'étais un bon dj ici, mais maintenant je voulais me tester, voire ce que je pouvais valoir là-bas. C'est en ce sens que leurs ambiances diffèrent assez des nôtres: ils y ont différents repères musicaux, c'est pas parce que tu mettras "Sex machine" que tout le monde lèvera les mains en l'air, c'est plus fin que ça. Et ce chez tout publique, même chez les blancs.

3H: Ils ont une plus grande culture musicale surtout en ce sens que la matière première est chez eux.

Dee Nasty: C'est exactement ça... Cela dit, en France ça va; le problème, s'il en est un est que les gens qui ont la culture ne sortent plus.

3H: Financièrement, tu arrivais à t'en sortir ?

Dee Nasty: Oui, je cumulais des 100 dollars par-ci, un peu plus par-là. Ce qui faisait que je pouvais aisément me payer une chambre quelque part et pouvoir vivre de mon kiff' là-bas.J'ai même penser à m'installer, mais j'avais beaucoup trop d'attaches ici...

3H: Et à la suite de tout ça, alors ?

Dee Nasty: J'ai rencontré par la suite un manageur/producteur, qui m'a proposé de faire un nouvel album (Nastyness, en 2001). J'ai donc rameuter les troupes, tous mes potes, le tout sur une partie de mon label qui s'appelait 'Funkzilla' et ça a pas mal fonctionner. Le revers de la médaille fût que ce producteur n'était pas trop clean, donc ça ne m'a pas trop enrichit.

3H: Ce projet là s'est vendu exclusivement en France ou un peu aux States aussi ?

Dee Nasty: On a vendu aussi aux States: on a écoulé 4000 exemplaires là-bas, et 8000 ici. par rapport à l'époque, c'était bien mais pas exceptionnel.

3H: Et après 'Nastyness' ?

Dee Nasty: J'ai un peu disparu des soirées, car j'ai été engagé par Cachaito Lopez, le bassiste de 'Buena Vista Social Club'; j'ai fais des scratches sur deux albums à Cuba, dont celui de Lopez. Comme les albums ont bien marchés, je me suis retrouvé sur la tournée du groupe qui a durée 2/3 ans.

3H: Comment as-tu vécu le tout ? Car mine de rien c'est assez éloigné de ton HipHop...

De Nasty: Éloigné, je ne pense pas. J'ai amené ce que je savais faire, un énorme plus. Il y a pleins de correspondances... En plus, ça été monstrueusement enrichissant, car tu te retrouves sur scène avec des génies de la musique et personne ne fait de différence, tu fais partie du collectif.

3H: Ce qui veut dire aussi qu'en te proposant un tel projet, ils reconnaissent ton talent, de la même manière qu'ils reconnaitraient le talent d'un guitariste, bassiste ou autre.

Dee Nasty: Oui, c'est clair. Pour l'anecdote, on partait en tournée aux States en 2001 et le 11 Septembre on se dirigeait vers New York, mais on a dû rebrousser chemin... La suite on la connait. Sur la tournée américaine, ils m'ont vraiment mis en avant, de par le fait qu'il y avait sur place quelques-uns des plus grands spécialistes des platines, donc j'ai pu pleinement montrer mes capacités. Chose que je n'avais pu faire sur d'autres scènes.

3H: Et au niveau du retour publique ?

Dee Nasty: Ça passait super bien. En plus ça m'a permit par exemple, quand on est allé au Japon, de rester un peu plus longtemps que prévu, de faire quelques clubs, de proposer mes services pour des soirées, de rentrer dans des magasins de vynils, pour chiner...

3H: La parenthèses 'Buena Vista' a durée jusqu'à quand, concrètement ?

Dee Nasty: Jusqu'à 2003/2004, bien que vers la fin, ce ne fût plus aussi intense. C'était des concerts ponctuels. À côté de ça, il y a eu une sorte de restructuration du côté de Nova, j'ai donc été obligé de faire mes valises. J'ai un peu galéré pour retrouver une émission; j'ai taffé sur 'Vallée FM'. J'ai refilé l'émission à Dj Tal car les conditions faisaient qu'au niveau timing, je m'y retrouvais plus. Je voulais consacré plus de temps à ma fille. J'ai ensuite été engagé sur 'FG', mais la aussi au niveau de la direction les choses n'étaient pas claires. Ensuite Génération m'a contacté, m'a donné un créneau: donc j'ai mon émission depuis 2007, tous les Lundi 23h/Minuit. J'ai par la suite monté mon label, "Disques Pirates", pour l'instant plus officieux qu'officiel. Le label 'UWE' m'avait proposer d'héberger mon label, j'avais donc dans l'idée de sortir un p'tit maxi tous les 6 mois. Un premier maxi avec Dynamax, "The Link", qui a pour thème le parallélisme entre HH Ricain et HH Çéfran. Un deuxième maxi 3 trois, avec AMS, "Underground zero", plus une mixtape officielle qui s'appelle "Underground forever". À la suite de ça, tout le monde était chaud pour taffer sur mon album, on parlait même d'y inclure une bande dessinée retraçant ma vie, mais 6 mois après... toujours que dalle. Donc, j'me suis trouvé à devoir démarcher avec mes bandes; sachant qu'entre-temps, sur mon conseil "UWE" signe Birdy Nam Nam... Bon après quelques temps de 'non-errance', je connecte Trad Vibe qui a l'air plus qu'emballer pour sortir mon projet. Dee Nasty chez Trad Vibe, ça commence !!!

3H: Alors, pour ce nouvel album, "Système Dee", c'est un matériau totalement inédit ou tu as amené ton projet avorté ?

Dee Nasty: C'est le projet QU'ON M'A FAIT avorter, si je puis dire. Le skeud était prêt à sortir donc après il me fallait vraiment l'occasion. Trad Vibe a choisi de miser sur moi, ça va le faire !

3H: Tu n'as pas peur que ton album soit un peu victime du phénomène "sorti trop tard".

Dee Nasty: "Sorti trop tard", je pense pas; dans cet album où j'ai vraiment tout mis, j'y ai passé du temps, j'y ai mis tellement tout mon être et mon vécu que je pense avoir réaliser quelque chose de totalement intemporel... Quelque chose de vraiment à la croisée des styles de musique que je voulais approcher.

3H: Et justement musicalement, t'as taper dans quoi ?

Dee Nasty: Une sorte de old school futuriste... Futuristique old school. :)

3H: Quel est le thème de l'album, si thème il y a ?

Dee Nasty: Pas forcement de thème particulier, mais s'il y a vraiment un fil conducteur, ben c'est moi. Une sorte de fresque dans laquelle j'aurais mis toutes les ambiances que j'ai pu voir depuis que je suis dans le HipHop...

3H: Au niveau de la production, comment cela s'est-il passé ? Tu as fait appel à d'autres producteurs ?

Dee Nasty: Non, je me suis chargé de tout. Dans mon p'tit home-studio; j'ai composé tous les sons, c'est moi qui ai joué les basses, les lignes de guitare.

3H: Qui retrouvera-t-on en tant qu'invité(s) côté français ?

Dee Nasty: EJM, Khondo, Enz... Des artistes que je trouve vrais et qui ont une belle vision et interprétation de la musique.

3H: C'est ton projet le plus abouti ?

Dee Nasty: Oui, comme je l'ai dis, j'y ai mis beaucoup, voire même trop de moi. J'ai envie depuis le temps d'évacuer la pression.

3H: En parlant de ça, y'a jamais eu un moment, une période ou tu as douté ? Car après tout ce temps, ce n'est qu'en 2008 que Dee Nasty sort l'album qui semble le plus le représenter ?

Dee Nasty: NON ! Jamais jamais. Le truc c'est que le HipHop, la musique, il n'y a que ça que je sache faire... C'est ma bite, quoi...

3H: Dis comme ça effectivement. Côté promo, comment ça se passe ?

Dee Nasty: Moar gère le business, les interviews... les premiers pressages des maxis devraient arriver. Viendra ensuite la version cd courant Février. Sans oublier le grosse soirée du 14 Février, pour tous les amoureux du HipHop; pour le vrai grand lancement de l'album, à l'Antirouille bar, avec moi-même, Moar, Suspect et bien d'autres.

3H: Ben écoute, on va pas te retenir plus longtemps, merci de nous avoir accorder du temps et bon courage pour la suite.

Dee Nasty: Merci à vous et bonne continuation pour votre blog.

Stoof et moi-même avons eu la chance d'aller chez Dee Nasty, avec Moar qui nous a rejoint pendant l'interview, pour écouter quelques sons. Laissez-moi vous dire que "Système Dee" va faire mal. C'est une putain de galette qui risque de plaire à plus d'un. Voilà, on a passé un grand moment avec un grand bonhomme du HipHop et de la musique mais au-delà de ça, c'était une rencontre très enrichissante. À ce propos, mille mercis à Moar qui a pu faire en sorte que la rencontre soit possible :) .

jyuza 3H

Sawmpdiggers - Summer Camp #5


 



Nouveau mix de l'équipe Sawmpdiggers pour entamer l'été indien :


'C’est désormais une tradition estivale chez SwampDiggers : cette année encore, nos crocodiliens ont fouillé la vase pour vous rapporter leur meilleur album à barbecue. Et puisque même dans les marécages on pratique l’art de la convivialité, des sauriens haut de gamme sont à nouveau venus des eaux voisines pour leur prêter main-forte.'


https://www.mixcloud.com/SwampDiggers/swampdiggers-summer-camp-vol5-%C3%A9dition-2020/



Sizzla - The chant

 


Chaque nouvel album de Sizzla est un événement mais celui-ci en est un plus que les autres.

Sizzla lui-même le décrit comme une pierre angulaire dans sa carrière. “Nous nous aventurons dans un nouveau monde (…) Nous avions besoin de sortir un album qui rappelle d’où vient Sizzla Kalonji, et cet album, c’est pour le producteur qui a su m’amener au niveau.” Le producteur en question est Caveman – ingé-son réputé de Kingston dont le dernier projet sur le label Afrojam Music, Culture Sound Vol. 1, a retenu l’attention du plus grand nombre. La connexion Caveman et le singjay date de l’époque où Sizzla n’était encore qu’à l’école.

Il montrait déjà des signes de génie ! A l’image des icônes des 70’s, la musique de Sizzla est emprunte d’un message de justice et de vérité. Depuis son explosion au milieu des 90’s grâce à des classiques comme True God et Black Woman And Child, Sizzla a suivi son propre chemin, refusant les formats. Il trust les charts reggae internationales avec cette volonté de rassembler les styles roots, conscient, dancehall et autres one-drop.

Pour cet album, Sizzla Kalonji est de retour dans le studio de celui qui l’a repéré avant tout le monde. Sizzla enfonce le clou et prouve que Babylon est un échec. Il utilise le riddim Rat Race de Bob Marley, le thème du système qui s’effondre prend alors des apparences de prophétie. Look What’s Happening est une magnifique complainte de ‘sufferers’. Le hit Hungry Children creuse le sillon de l’opposition riches et pauvres. Bon nombre des textes de Sizzla sont tournés vers la jeune génération, première victime innocente, selon l’artiste, de la cruauté du système. Sizzla croit en ce qu’il dit et vit selon les principes qu’il défend. Mal compris par certains, il fait énormément de dons en Jamaïque grâce à l’argent que génère sa musique. Il finance sa propre ‘Youth Foundation’, a fait construire des tabernacles rastas, des studios d’enregistrement... Il s’engage dans les démarches permettant aux enfants les plus défavorisés d’aller à l’école. De nombreux projets de cet ordre sont en cours dont un des derniers visant à réduire le chômage en Jamaïque. Son moteur est évidemment sa foi en Rastafari, n’oublions pas que Sizzla est un prêcheur qualifié ainsi que le trésorier officiel du reconnu Ordre de Nyabinghi.

On comprendra mieux la portée de morceaux comme Chanting Rastaman, Jah Made It Possible, Love Jah More jusqu’au titre éponyme Chant. C’est une force de la Nature ! Un talent naturel doté de ce don d’enflammer ses chansons. Ses lyrics sont une mine d’informations, un partage du savoir pour qu’enfin autre chose que la répression et la corruption prévalent. Plusieurs thématiques sont passées en revue, la marijuana dans Smoke Marijuana featuring Wippa Demus & Halloway, la guerre dans Put Away The Weapons, titre qui s’est déjà imposé auprès du public dancehall. “When music hits, you feel no pain (Quand la musique frappe, ça ne fait pas mal)” chantait Bob Marley, cette maxime s’applique aussi au Zimbabwe de Sizzla – un hymne faisant écho à la célébration de Marley à l’époque dans ce pays, s’adressant au peuple, pas aux politiques.

Sizzla s’est rendu en Afrique l’an dernier encore. Caveman, du voyage avec Sizzla, cite le morceau Rasta Music comme LE titre fort pour les Africains. « Nous avons voyagé du Ghana à l‘Afrique du Sud en passant par le Zimbabwe et le feedback a été incroyable, le public n’en avait jamais assez de cette musique en parti parce que les lyrics parlent directement de leurs luttes ». A la manière d’un Malcolm X, il reste controversé en Occident tandis qu’il est constamment remercier par les dirigeants des états africains. Sur le morceau Zimbabwe, il nous rappelle que le combat contre le colonialisme est loin d’être terminé, expliquant aussi pourquoi les Rastafariens attendent leur rapatriement sur la Terre de leurs ancêtres. How Come en featuring avec Jah Seed a lui aussi été enregistré en Afrique. Cet artiste, Apple Seed est originaire du Zimbabwe. L’aventure africaine de Sizzla ne fait que commencer… C’est là-bas que le concept de cet album a été pensé puis enregistré au Caveman’s HQ Studio, East Kingston, JA.

Sizzla Kalonji a insisté et patienté pour que l’enregistrement puisse se faire au Caveman, assista aux séances de mix et permet aujourd’hui au public de comprendre la singularité des prods qui sortent de ce studio. Caveman, Everton Moore de son vrai nom, a grandi à côté de Kingston, dans le mêle quartier que des artistes comme Ken Boothe, Aston “Familyman” Barrett, Lee “Scratch” Perry, des personnalités qu’il présente comme “the backbone of reggae music.” En 1975 déjà, son père était propriétaire d’un sound system. Cinq ans plus tard, Everton et son frère Anthony en reprirent la tête, le rebaptisant Caveman. « Notre spécialité était le roots and culture (…) Je donne le meilleur pour conserver cette authenticité musicale et suivre la voie ouverte par des pionniers comme les Wailers et Lee Perry. Pour moi, c’est la musique qui a véritablement eu un écho international. Un héritage que Bob Marley et d’autres nous ont laissé. Il est primordial pour nous de conserver cette qualité » C’est un camarade de classe qui accompagne Sizzla à Caveman, à Nannyville Gardens, quartier Nord de Kingston, non loin d’August Town. Le Père Rasta de Sizzla y tenait un garage et un sound-system. De son vrai nom Miguel Collins, Sizzla commença en tant que dee-jay local avant de s’attaquer à la ville et rencontrer des personnalités qui seront ses mentors. “Caveman a été le premier sound où on a pu entendre Sizzla deejay parce que c’est à Caveman que j’ai eu l’opportunité de répéter du matin au soir” explique l’artiste. « je faisais du toast, du deejaying jusqu’à épuisement puis je rentrais me coucher et y retourner après l’école pour continuer à m’entraîner. Caveman avait un tas de riddims sur-mesure pour ma voix. Il m’a fait sortir le meilleur de moi-même. Il s’installa sur Grove Road et se rapprocha de Mr. Harris. Mon appellation Sizzla vient de ces deux hommes ». Homer Harris tenait le studio de répétition Blue Mountain sur Grove Road, près d’Half Way Tree. Les plus grands noms sont passés ici, échangeant avec les plus jeunes talents, dont Sizzla faisait alors partie, générant ainsi ce qu’il appelle “a whole atmosphere of love” Dès le début de sa carrière, Sizzla s’inspire de ce qu’il voit autour de lui, le relatant dans une vérité criante ne laissant aucune place à l’équivoque. Il a vécu la violence socio-politique, il partageait les conditions des sufferers, le besoin et la peur. Dans sa musique, et aussi cet album, on peut entendre l’espoir et le rêve aussi bien que la colère et la frustration. Sizzla reste le plus versatile des singjays et emprunte divers chemins musicaux, tour à tour des combats sociaux, des hymnes rastas, des instrus dancehall et même des slows, à l’image du délicat Something Special.

On rappellera que bon nombre de ses premiers hits ont été produits par XTerminator et Bobby Digital, c’est juste après que Caveman transformera son activité de soundman en producteur. C’est en réalité Bunny Wailer qui fera exploser Sizzla en 1998/99, le faisant apparaître sur la compilation Tek Set Vol.1 (label Solomonic). Caveman produira dans la foulée un projet nommé Axiom, y incluant Sizzla, Beenie Man et d’autres artistes montants de cette période. « Avec le recul, je pense que le fait que je n’avais financièrement pas la possibilité de construire mon studio a finalement permis à d’autres producteurs d’enregistrer Sizzla avant moi » dit-il. Caveman continue de soutenir les jeunes talents des artistes comme G-Nius, Amp, Yambio et le dub poet Ras Haile Malekot. L’artiste Cadia est aussi une découverte de Caveman, elle assure les harmonies sur certains tracks de cet opus comme Hungry Children. Bientôt, certains de ces noms sortiront du lot et deviendront des références comme Sizzla Kalonji l’est aujourd’hui souligne Caveman mais rappelez-vous que c’est sur une production Caveman / Afrojam Music que vous les avez découverts en premier.



The Nonce - The Only Mixtape

 


The Nonce – The Only Mixtape (Rayon du fond)


L’histoire commence il ya de nombreuses années. Lorsque les californiens Nouka Basetype et Yusef Afloat de « The Nonce » commencent à prendre le micro, et marquer l’histoire du hip-hop américain. Ceux qui connaissent le groupe et son histoire savent que malheureusement, si la reconnaissance des fins connaisseurs est bel et bien là, les deux MC’s n’auront pas droit à la carrière qui leur était promise.

Pire, la carrière du groupe est stoppée nette en mai 2000, date à laquelle Yusef Afloat s’en va rejoindre Tupac et Notorious BIG. Mais certains groupes persistent, au-delà des évènements de la vie. Nouka Basetype aka Sach continue d’ailleurs une carrière en solo.

Il est également important de rendre à César ce qui appartient à César. « The Only Mixtape » est le fruit du travail du DJ français Bachir, qui a décidé de rendre hommage à The Nonce à travers ce mix exclusif. Il revient sur la discographie du duo, ainsi que sur les productions réalisées pour d’autres, comme pour Aceyalone par exemple.

Vous avez donc à faire aux grandes heures du hip-hop californien, via ce futur opus tiré en édition limitée.

Neska