OUESTIME

Creestal 

 


Le Beatmaker Creestal nous vient tout droit de Marseille, DJ/ Beatmaker passionné de musique, arrivé dans l'univers du hiphop très jeune en 93 par le graffiti, il  a commencé à exprimer sa créativité en premier dans les arts graphique parrallement à la musique, au milieu des années 90.

 Premières platines en 96 puis la machine indispensable des beatmakers, la MPC2000 en 98. Il produit pour son  groupe karkan jusqu'un 2007, avec qui il a sorti un maxi vynil et un album en 2005 (vous pouvez trouver en téléchargement libre la tape intitulé 'lost tape' avec plus de 25 titres inédits du groupe).

Creestal a signé son album solo BEAT'EM ALL sur le label indépendant Parisien "JUSTLIKE", un album composé de 27 titres instrumentales basé sur le sampling, emprunt de soul, de funk, de jazz  "Beat'em All" fait référence essentiellement a la black music des années 60 a 80 mais aussi et surtout a ses influences directes, les pilier de la culture hiphop comme Marley marl, Pete rock, Primo, Dre, Rza... 

il a collaboré avec de nombreux artiste de la scène française comme Specko, Mil, Namor, La Fine Equipe (la boulangerie) des remix pour Sat, Fantastic Planet (Matic from "The Other") et prépare actuellement un album commun avec MoShadee originaire du New Jersey, sous le pseudonyme de CM JONES.

 

Note de Creestal sur son approche artistique de son travail :  

J'aime décomposer les samples comme on découpe du papier pour recomposer et raconter une nouvelle histoire. Le beat doit être la plateforme de mes compositions, la rythmique est véritablement le squelette. J'essaie avant tout de trouver une énergie singulière, je peux passez plusieurs jours sur une basse et batterie et parfois je peux trouver un sample parfait qui se suffit à lui-même et qui me demandera juste 30 mn de travail, c'est la magie de la musique, je n'ai pas de recette particulière, je fonctionne au feeling. Autodidacte, J'essaie de développer mon propre univers, trouver une dimension esthétique et picturale à chaque son, c'est le moteur de mes créations

 

Avec pas moins de 6 sorties dont l’album 'BEAT'EM ALL',  et les 4 digitals albums'INSERT COIN', 2 productions avec 'RAIN ALL OVER THE WORLD' et'RIGHT BACK' avec CM jones, un remix 'Fantastic planet sniper'.Creestal reste particulièrement actif, de plus les pochettes sont toutes bien réussis!

Lien : 

https://creestal-art.com/musique/creestal/




Interview - Raoul Sinier 'The Melting Man'

 


Raoul Sinier – The Melting Man + Interview (Tigerbeat6)

Genre : Electronique, Drill, Hip-hop, Musique sale, Autre, Divers

Quelques mois seulement après la sortie de son dernier « Cymbal Rush / Strange Teeth & Black Nails », Raoul Sinier revient, des projets plein les poches, des idées plein la tête. Mais cette fois-ci, l’artiste semble s’être attaqué à quelque chose d’autre. Pas de révolution musicale à proprement parlé, mais bel et bien une évolution évidente. Ici, on écoute des productions plus lourdes, plus aplaties peut-être, toujours aussi efficaces, à un détail près : après la réalisation de ses pochettes d’album, de ses clips et bien entendu de ses productions, Raoul Sinier a désormais saisi le pouvoir des mots, celui de la voix, et nous bastonne tendrement les oreilles à la manière d’un Thom Yorke en ébullition.

Le premier morceau, « We Fly », porte bien son nom puisqu’on s’envole très facilement dans cet EP aux couleurs mélodiques, rapidement suivi par « We Fly Part. 2 », légitime petite sœur instrumentale qui nous permet d’allonger le plaisir. La moitié de cet EP étant déjà atteinte, c’est très curieusement que je découvre « All Night ». Raoul reprend sa formule efficace, en débutant le morceau par un breakbeat un peu crasseux, rapidement rejoint par un synthé guttural, et rebelote, la voix de l’artiste, plus grave que sur la première piste. Travaillée différemment, m’explique-t-il. On ne sait pas à quoi s’attendre et subitement, à la moitié du morceau, tout change. Alors on s’échappe vers une nouvelle dimension carrément plus électronique, avec de nouveaux courts samples de voix, et ce breakbeat qui s’envole encore au fur et à mesure avant de finalement fondre comme une épilepsie musicale. Le tout est architectural, assez gargantuesque, avalant tout sur son passage.

« The Melting Man » clôture cette belle ascension, sur une production plus calme, mais une voix déjà plus assurée qu’au début, plus audible aussi. Mais finalement, c’est bien le chant qui est obsédant sur ce nouvel essai très réussi. La comparaison avec Thom Yorke était bien entendu fallacieuse (quoi que !), un peu facile, mais elle reste évidente à plusieurs points de vue. Comme cette manière de presque fusionner instrumentale et voix pour ne former qu’un tout, pas un ensemble rapiécé. Celle aussi de laisser trainer cette voix bien travaillée sur de longues secondes, accompagnant les synthés fous et les rythmes mutants.

C’est donc un bien bel exercice qu’a réalisé Raoul Sinier avec ce nouvel EP. Rarement habitué à me décevoir, celui qui est devenu un grand monsieur de la scène électronique underground (sans rien de péjoratif) française risque d’encore nous surprendre sur l’album à venir fin juin, dont il me parle, entre autres, dans l’interview ci-dessous.

Adikt : Depuis que tu chantes sur certaines pistes désormais, est ce que ça change quelque chose pour toi au niveau de la composition musicale ?

Raoul Sinier : Je commence toujours par la prod. Ce qui a changé, c’est que je me sens moins le besoin de faire des compos super compliquées. Je peux le faire un peu plus cool. La voix habille énormément. La musique électronique est d’ordinaire super linéaire, et ça me fait chier. Mais quand il y a de la voix, ca change un peu la donne. Ce qui ne veut pas dire que je vais faire uniquement refrain/couplet/refrain/couplet, mais ça a changé pas mal les choses. Mais en ce qui concerne la manière de travailler, c’est toujours un peu pareil: je commence à faire la musique et ensuite seulement j’agrémente avec plein de détails. Mais en revanche, c’est pratiquement toujours la voix qui vient en dernier, quand l’ensemble est plus ou moins installé.

Adikt : Tu parles de musiques moins « compliquées ». Ca veut dire que c’est moins chargé ? Avec moins de détails ?

Raoul : Non. C’est surtout au niveau de la composition. Sur mon album précédent les morceaux changent toutes les cinq secondes. Il y a beaucoup de variations au niveau de la composition, beaucoup de cassures, etc. tout en gardant une structure cohérente. Là, il y en a un peu moins. Par contre, la musique est toujours aussi « complexe ». Avec le temps, j’en avais aussi un peu marre de mettre des batteries complètement surchargées, même si j’aime encore énormément ça. En fait, j’évite de faire toujours le même truc. Mes morceaux c’est souvent une espèce de montée, et à la fin je me retrouve avec 6 000 pistes !

Adikt : Même avec la complexité de la plupart des morceaux, tu restes l’un des artistes les plus prolifiques en France. Comment appréhendes-tu chaque nouvelle sortie ?

Raoul : D’abord, je tiens à préciser que si je suis très productif, finalement pas tant que ça. Cette année j’aurai probablement sorti 3 disques (2 EP et un album). Mais mon dernier EP date de 2009. Au final, ca fait une vingtaine de morceaux en 2 ans : c’est pas tant que ça. En ce qui concerne chaque nouvelle sortie, je ne réfléchis pas vraiment là-dessus. Je fais des morceaux et j’y vais. Au bout d’un moment, un truc se fait de lui-même. J’ai commencé par ce qu’on appelle du abstrakt-hip-hop, à défaut de meilleur terme. Après, je suis allé plus loin dans le coté électronique sur le deuxième album. Pour le troisième, c’était de la musique ultra compliquée et frénétique. Mais ce virage, je m’en suis aperçu en le faisant. Pour aller vers autre chose, je suis revenu vers des ambiances plus calmes. J’ai aussi commencé à chanter, et de plus en plus. Mais je ne me force jamais à aller dans une direction donnée. C’est surement ce qui rend le tout assez cohérent, puisque je me laisse aller à faire ce que je veux.

Adikt : Justement, as-tu l’impression d’avoir passé une nouvelle étape avec cet EP et l’album qui arrive (en juin, ndlr) ?

Raoul : Oui j’ai l’impression, mais pour moi c’est le cas à chaque nouveau disque. Ce n’est pas forcément un virage, car il y a toujours un fil rouge. Par exemple, le fait qu’il y aura désormais beaucoup de chansons, c’est assez différent par rapport à avant. Mais ça reste la même musique. Certains voient dans cette nouveauté un changement du tout au tout. Alors que pour moi, ce n’est pas vraiment le cas.

Adikt : Avec l’ajout de voix, tu as forcément du rebosser la technique !

Raoul : Oui évidemment. J’ai appris sur le tas, en demandant des conseils, mais surtout en le faisant. Par exemple, il y a un morceau sur la compilation « Tsunami Addiction » où ma nana chante dessus : on a enregistré sa voix avec le micro du PowerBook. Grosso modo, le pire truc de la terre. J’avais énormément de parasites, mais j’ai réussi à en faire quelque chose de bien. Bon, pour mon album j’ai quand même investi dans un micro et une carte d’acquisition. Mais cela dit ca reste un peu du bricolage. Et je fais en sorte que ca marche, en essayant de tirer parti des défauts. Dans l’album qui va sortir, j’avais mis beaucoup d’effets sur la voix, des dédoublages comme pour faire des chœurs par exemple.

Adikt : L’album qui sort en juin a été terminé avant ce nouvel EP ! Est-ce qu’on doit s’attendre à un petit retour en arrière ?

Raoul : Non, pas vraiment, même si je m’étais posé la question. L’album est beaucoup plus long, plus complet. Il sera plus varié aussi, avec des choses plus calmes, plus énervées, plus lentes, etc. Il y aura beaucoup plus de diversité, à tous les niveaux, le tout sur 10 pistes pour environ 50 minutes. J’ai d’ailleurs refait des morceaux un peu plus longs.

Adikt : Quels sont tes gros coups de cœur du moment ?

Raoul : En ce moment, ce n’est pas très original mais c’est le dernier album de Metronomy. J’ai trouvé ça super bien. Je suis allé écouter les albums d’avant, mais ils ne m’ont pas trop plu. Sur ce dernier projet j’ai trouvé le tout vraiment très subtil.

Adikt : Un dernier mot ?

Raoul : Pas de dernier mot. T’es toujours tenté de faire une espèce de blague pourrie… et ça ne marche jamais !


Liens :
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Neska



Killa Carltoon - Addict

 


Artiste compositeur renommé de la scène reggae/ragga/hip-hop, Killa Carltoon est de retour dans le paysage musical français avec un nouvel opus après trois albums dans les bacs"Premier Chapitre" groupe OSP,1999,"Fleau-Style",2002, "Pm et Killa Carltoon" .

'ADDICT' est résolument plus orienté World Music, plein de fraîcheur et d'originalité.
Sens du gimmick, lyrics explosifs, flow (d)étonnant, il est une figure reconnue du ragga français. Dès le milieu des années 90, Killa écume les sound systems et participe à des tournées importantes, affirmant sa richesse musicale et une identité très forte.

Fort d’une personnalité affirmée et d’une voix si particulière, cette artiste n’a jamais eu peur de casser les barrières musicales, tout au long de sa carrière. Doté d’une puissance vocale impressionnante et d'un débit sidérant, il impose son style à chaque étape de son évolution
musicale.

Killa s’affirme ainsi en tant qu’artiste de scène : il en fera même son domaine de prédilection !
Il assure des scènes majeures : le Zénith de Paris, l’Olympia (à deux reprises, première partie de Sergent Garcia), les Francofolies de la Rochelle, la Nancy jazz festival, l’Elysée-Montmartre, la Villette, le Printemps de Bourges (à deux reprises)... Il joue également en Belgique, en Suisse, en Allemagne, au Soudan(AFAA/Culture France)....

Il démontre alors une capacité hors du commun à faire bouger et danser le public, ce qui lui vaut le respect de la scène rock, électro ou jazz.

Le disque "Addict" est une invitation au voyage, à l'amour et à l'espoir. Il exhale sans complexe les saveurs de l'IIe Maurice, pays de ses origines et y mêle des accents reggae, ragga, latino voir orientaux…

Killa est de retour, et comme le titre de l'album le précise, vous risquez fortement de tomber tous Addict 

Lien Bandcamp : https://killacarltoon1.bandcamp.com/



Interview - Psykick Lyrikah

 


Genre : Hip-hop, Electronique

"Qui rêve encore ? D’ailleurs qui en a le temps ?"

Fraichement sorti de l’album « Les Courants Forts » fomenté avec son néo-complice Iris, Arm revient quelques semaines plus tard avec un projet sous la bannière de Psykick Lyrikah. Et quel projet… Ce « Derrière Moi » est d’une autre nature, d’une dimension nouvelle, placé sous un signe différent. Avec cet opus, le MC Arm risque d’ailleurs de perdre une partie de son public, tant l’atmosphère est singulière dans l’approche artistique.

Composé de onze pistes, l’album est très homogène, et débute avec « Dans les temps », qui plonge dans l’ambiance pour le reste de la galette. Electronique. Premier mot qui s’impose. Les instrumentales sont, au-delà de l’aspect original, osées. C’est d’ailleurs ce qui détermine cet album : osé. Sans tomber dans les clichés, on flirte entre hip-hop-électro avec une grosse touche « grime », bien que je déteste le terme, et un rythme global assez lent, bien aidé par les rythmiques très sèches de l’album.

Arm, quant à lui, ne sourcille pas. Les textes sont toujours clamés avec cette ferveur qui lui est propre. On y plonge et on débarque dans son univers textuel lapidaire, nourrit, prompt à la réflexion et aux idées exaltées. Finalement, les deux morceaux déjà en écoute (« Jusque là », et « Qui ») sont peut-être les plus rentre-dedans de l’album. « Quelle langue » épouse elle aussi ce registre un peu direct et sans détour.

La mélodie reprend ses droits sur une autre piste, « Personne », et son rythme accentué par des synthés légers. Mais très vite, on plane, avec « Nos ombres », son beat effacé et ses longues trainées électroniques mélancoliques. Comme rarement, Arm se livre sans détour. « Parfois j’envie ces choses bien plus simples // J’aimerais les dire autrement parfois, mais les craintes sont sévères ».

Je sors de ma quiétude sur le dernier titre de l’album, « Derrière moi », et cette instru qui se rapproche plus d’un hip-hop traditionnel, bien que toujours dans la même veine que le reste de l’opus. Ce titre est par ailleurs à rapprocher avec le seul featuring de l’album, signé avec Iris, plus obscur que ce que l’on avait entendu sur « Les Courants Forts », mais aussi plus limpide en ce qui concerne l’association des deux MCs, qui devient l’évidence même.  Parfois, j’ai eu l’impression d’avoir à faire à un album plus sombre, plus abrupt, sur la totalité des pistes. L’impression d’une force vive qui s’est mutée en une sensibilité exacerbée via la musique en elle-même et les paroles qui l’accompagnent. Enfin, Arm pèse lourd avec des textes encore très profonds, caractéristiques du chanteur, qui malgré tout prennent souvent le dessus sur des instrumentales radicalement différentes.

Voici donc ce que j’ai pensé de cet album, qui n’a donc rien à voir avec le reste de la discographie de l’artiste. Pour aller plus en profondeur, Arm a eu la gentillesse de m’accorder un peu de temps pour répondre à mes questions. Interview.

  « On a sauvé nos rêves, on a craché nos peines, on a vu, rien compris, on a tué nos pères, c’est le son des éclairs »

 Adikt : Salut. Ce prochain « Derrière moi » sonne d’une manière radicalement différente avec ce que tu as sorti jusqu’ici, en tout cas au niveau instrumental. Etait-ce une volonté de changer les choses ? Créer différemment ?

 Arm : J'ai voulu bousculer un peu les automatismes, et revenir à une énergie plus rap, plus massive et plus brute. Je suis très fier de tous les projets précédents, mais je fonctionne en terme d'envies selon les périodes, là c'était cette esthétique vers laquelle j'avais envie d'aller. J'étais dans une période où je réécoutais beaucoup de rap, je voulais casser les quelques codes que j'avais construit et dégager le temps d'un album tout instrument, quel qu'il soit.

 Adikt : Cet album parait un peu « self-made » dans le sens où il n’y a qu’un seul featuring (avec Iris). Qui as-tu appelé en renfort pour les instrumentales ? Je crois aussi savoir que tu as fait appel à Reptile (NTM, Assassin, etc.) pour le mixage. Pourquoi lui ? Tu peux me raconter la rencontre ?

Arm: Pour les sons, j'ai tout produit, sauf "Jusque-là", qu'on a composé avec Tepr. Je n'avais pas bossé avec lui depuis la période d'Abstrakt Keal Agram, et j'ai toujours aimé sa façon de travailler. Même si ce qu'il fait aujourd'hui me parle moins, j'avais envie de lui demander un coup de main sur un titre, et vu les couleurs très synthétiques de l'album, c'était le moment idéal. Le titre est un de ceux dont on me parle le plus, en bien comme en mal, c'était exactement ce que j'attendais ! J'en suis très content, le groove hyper lent de ce morceau a quelque chose d'étrange. Pour le mix, j'ai contacté Reptile parce que j'avais plusieurs albums qu'il avait mixé et dont j'aimais le son. Je lui ai envoyé les disques précédents et la maquette de "Derrière Moi", on a passé une semaine en studio, de manière très cool, sans prise de tête. C'est un mec très talentueux et j'ai vraiment trouvé que c'était important de mettre sa participation en avant pour la sortie du disque, parce que c'est le "featuring de l'ombre" en quelque sorte.

Adikt : La totalité de l’album parait encore plus sombre que ce qu’on avait connu jusqu’ici (même si j’ai lu que tu pensais le contraire !), avec des thèmes abordés qui sortent de l’ordinaire. Quel message as-tu souhaité véhiculer dans cet album ?

Arm : Surtout aucun message…y'a pas vraiment de thème, ni de concept particulier sur ce disque, c'est juste des réflexions autour d'une période charnière de ma vie. Je ne me raconte pourtant pas trop, mais j'essaie de laisser une trace de moments de vie, comme d'autres le font en écrivant un livre, en peignant, etc.

Je ne voulais pas que ce disque soit perçu comme un disque sombre dans le discours, il y a des doutes, des réflexions un peu tristes sur des choses, mais ce qui est important, c'est toute l'énergie derrière. Le texte de "rien ne change"par exemple, c'est une putain d'ode à la vie, mais j'ai l'impression que peu l'entendent finalement. Tant pis. Moi je suis heureux de vivre, j'ai pas envie d'avaler des barbituriques comme je viens de le lire sur un blog. Si c'était le cas, je n'irais pas m'emmerder à sortir un disque tout seul et à aller donner des concerts en étant fier de faire la promo de mon travail. "Derrière Moi", c'est tout ce que je laisse de pesant pour mieux rebondir.

Adikt : Quels sont tes projets actuels et futur ?

Arm : En priorité promouvoir cet album sur scène, on est d'ailleurs en plein dedans, et commencer à se pencher sérieusement sur une suite de "Acte" avec Olivier Mellano. On finit aussi quelques dates du spectacle "Richard III" qui nous a pris pas mal de temps, il y a quelques autres petits projets annexes avec David Gauchard. Je suis aussi en train de réfléchir à d'autres projets de disques, et déjà au prochain album de Psykick…

Adikt : Un dernier mot ?

Arm : "Vive la vie" mais pour de vrai. Et merci à toi, comme d'habitude. Venez nous voir les 22 avril à Rennes et le 12 mai à Paris à la Maroquinerie pour du Psykick en mode marathon avec toutes les formules possibles, et la présence d'iris pour enfin du live des "courants forts "!

Neska 



Interview - Raoul Sinier

 


Raoul Sinier – Cymbal Rush / Strange Teeth & Black Nails + Interview (Oeuvre Records)

Genre : Electronique, Drill, Hip-hop, Musique sale, Autre, Divers

Terrasse d’un café. Je me bastonnais les oreilles sur le dernier World’s End Girlfriend. Une pure tuerie. J’attendais celui que l’on appelle désormais Raoul Sinier. Musicien, artiste numérique, vidéaste, réalisateur et maintenant chanteur, l’homme se fond dans la masse. Crâne dégarni, café, bière, moi qui lui clope à la gueule, la discussion part sur son boulot d’artiste. Puis elle dérive, lentement, vers la musique. Ce « Cymbal Rush » que les Adikt de Raoul attendent avec impatience. Impatient, je l’étais, de pouvoir en savoir plus. Tenir au creux de ma main le secret de ces mecs qui vous font vomir les oreilles de plaisir.

Le prochain EP, prévu initialement pour septembre, est repoussé plus tard (octobre, novembre...). Evidemment, on espère secrètement qu’un EP ne soit que les prémices d’un projet plus complet. « Ouai, l’album va arriver, surement en 2011, mais il n’est pas du tout encore prêt. C’est que le début. Et maintenant, je chante ! C’est assez différent, tu verras. Mais je change un petit peu ». La première bonne nouvelle vient de m’éclater à la gueule. Et mon petit sourire dissimulé passe inaperçu (?).

Mais puisque l’avenir est programmé, j’en reviens aussi sec au présent. Je vide une gorgée d’Orangina. Son café terminé, Raoul choisit une bière brune. Et la discussion part sur Thom Yorke. « En ce moment, je fais plein de reprises. Surtout pour chanter, tenter des choses nouvelles. Et ce label anglais m’a contacté, Oeuvre Records. Tu remarqueras qu’il n’y a pas de « e dans l’o » ! Et en fait, à ce moment là, j’avais rien de précis. Alors on a trouvé des trucs. Par contre, j’avais cette reprise de Thom Yorke. Ca leur a plu, et puis j’ai ressorti quelques morceaux ». Voila donc de quoi est fait ce futur « Cymbal Rush », dont le titre est tiré de « The Eraser ».

Alors on reparle graphisme, et Raoul me lance un de ces trucs que généralement, je ne comprends que quelques années plus tard. « T’as pas remarqué l’analogie avec la pochette de l’album de Thom Yorke ? ». Euh non… dis-je, penaud. Et effectivement, ça te crève les yeux quand t’y pense. « De toute manière, c’est eux qui sont venus me chercher. J’ai fait tout l’artwork. Je leur ai pas vraiment laissé le choix ». Mais au fait, c’est quoi ce label ? « Je suis allé écouter, y’a des trucs bien, d’autres moins bien ».

Et c’est quoi un truc bien (la discussion part en vrille…) ? Pour moi, c’est principalement quand ça m’arrache la gueule. Les musiques qui vous retournent le cerveau. Un peu comme quand on tombe amoureux : boule dans le ventre, crise de foie et sourire niais. Raoul semble approuver. « Moi, je vois toute la musique en noir et blanc, triste ou gai, lent ou rapide, simple ou compliqué… J’aime pas quand c’est pauvre au niveau de la compo. Même si c’est du Autechre, un bon morceau doit avoir une bonne composition ». Je le sais d’avance : il n’aimera pas que j’écrive ça. Parce que ce serait trop vite résumer la substance de son message. C’est l’émotion qui intéresse, pas le contexte. Alors Raoul reprend une bière. Et moi aussi.

« Tu vois, dans le hip-hop, ça tourne souvent avec une boucle sur tout le long du morceau ». Ok Raoul. Mais certaines fois, c’est efficace. « Ouai, c’est vrai aussi… ». De toute manière, je ne pourrais jamais résumer ce que Raoul, et probablement moi, avons voulu dire sur le moment. En tout cas, pas en quelques lignes. Et ton style ? « J’en sais rien. Electronique, un peu hip-hop… ».

J’attaque donc sur l’utilisation des samples. « Ces choses qui peuvent apporter à ta musique, vraiment, y ajouter des notes auxquelles t’aurait jamais pensé ». De toute manière, je voulais en venir autre part. Sur l’évolution. Cet écart de style constaté entre l’imprononçable « Wxfdswxc2 » (qu’il prononce parfaitement) et « Tremens Industry ». « Ca me fait plaisir de pas provoquer la même réaction chez tout le monde. La différence entre les albums, c’est simplement parce que j’avais pas envie de refaire ce que j’ai déjà fait. Même si je reste dans le même type d’émotions. Tu vois à un moment, j’étais trop enfermé dans le trip « Brain Kitchen », ou j’envoyais tout casser. J’ai mis du temps avant d’en sortir ». Et apparemment, la rapidité entre les sorties, c’est pas de sa faute. « Brain Kitchen » est sorti un an après sa finition. « Il y a eu un embouteillage, donc tout est rapidement sorti. Aujourd’hui, je suis revenu sur un débit un peu plus normal. A savoir un album tous les ans, un an et demi… Mais ça ne me gênerait pas de ne rien sortir pendant longtemps. La musique, je la fais quand je la sens. J’attends l’inspiration. Même si de temps en temps, je me force ». Pour le moment, nous, on se délecte. On n’appréhende pas. Et Raoul Sinier fait parti de ces artistes avec qui on évolue.

J’ai eu ce que je voulais : une bière, des clopes, des informations, une rencontre très sympa. Alors je lui laisse le dernier mot : « L’intellectualisation de l’art c’est la panique. Il faut mieux se suicider que de trop théoriser sur l’art. Ce qui n’empêche pas d’en parler longuement ». J’y réfléchis encore… « Mais c’est peut être pas le meilleur mot de la fin ! ».

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 Neska



Interview - J-Zen


 


Pour ceux qui ne se rappellent pas, J-Zen est ce petit prodo bien chez nous qui a gratifié l'an dernier de l'excellent "BREAKfast" sorti sur le petit label qui monte 'DOOINIT MUSIC’

     

Jyuza pour 3H - Yo Zen, bien ou bien ?

J-Zen - Ça va, ça va.

3H - Bon, on arrive enfin à ce capter, j'ai grave mal gérer mon temps dernièrement, mais ce soir c'est la bonne.

J-Z - T'inquiète, j'ai aussi eu un mois d'avril et le début du mois de main un peu à l'arrache: taf, déménagement, promo et FESTIVAL !!!

3H - La carrière est carrément lancée, ça le fait. Alors raconte, "Guilty pleasure", lancé depuis le 3 mois dernier, qu'est-ce qui ce putain de passe concrètement ?

J-Z - Donc comme tu dis, il est sur plate forme numérique depuis début mars et il a été pressé en vynil aussi. La distrib' est arrivée après, mais putain: c'est un truc de fou. Déjà, la différence avec "BREAKfast" c'est qu'on avait plus de moyen. On s'est barré à Los Angeles pour le mixé. Pour le mix on a eu Dave Cooley, donc... LE MONSIEUR, quoi. Expérience de ouf...

3H - J'm'en doute...

J-Z - On débarque, nous les petits Rennais devant le gars qui a mixé 90% des abums Stones Throw. En plus, le feeling est trop bien passé.

3H - C'est vrai que le gars a l'air cool. On le voit dans le documentaire sur Wildchild, tu sens qu'il connait son taf.

J-Z - Trop... Et il a bien apprécier notre démarche: venir comme ça avec nos sons, dans son studio. On y a passé toute la première semaine. Il a fait un survol de ce que j'ai apporté et m'a dit que j'avais déjà fais un gros travail de mix. Le truc marrant est qu'il m'a demandé comment je voulais que mon album sonne, par rapport à ceux qu'il avait pu mixer. Genre, "Madvillain" ou "Lil' light", putain, je kiffe le cade contrôl.

3H - Qu'est-ce qu'il a pensé concrètement du HH version française et spécialement version rennaise ?

J-Z - Quand un mec me dit que je fais des instrus de ouf, c'est déjà un énorme compliment, mais venant d'un gars qui côtoie un fou comme Madlib, ben y'a pas de mot(s), quoi. Apparemment, il a vraiment kiffé sur la "Guilty theme". Une fois, alors qu'on était posés hors studio, il est sorti en courant et m'a dit que le son était 'vraiment malade'. Ça fait vraiment plaisir ! Et puis c'est aussi ce que je voulais, que le grain de mon son ne sonne pas comme certains des compatriotes. Puis bien sûr, il m'a apprit quelques p'tits 'tricks' au niveau du mixage.

3H - Bien ça, y'a eu un réel échange.

J-Z - Ouaip. À un moment, j'ai eu un coup de flippe; avec le morceau de Substancial, car je suis arrivé avec 2 pistes car j'ai eu un p'tit souci de sauvegarde. Là, il me dit "tu sais des fois Madlib arrive avec des trucs tellement à l'arrache que ça, c'est pas un problème".

3H - Putain, ça le fait ! Une fois rentré, la p'tite compagne de pub lancée, le produit sorti, quels ont été les retours ? 

J-Z - Du bon, quelques radios ont déjà passé des morceaux. Maintenant, on attend le gros des retours surtout de la part des distributeurs, car la distrib' a commencée depuis début mai. Pour l'Europe, c'est 'Pusher' qui s'en occupe. Au Japon, c'est 'Jazzy Sport'.

3H - Ouahh, si Jazzy Sport s'en occupe, c'est une bonne reconnaissance, ça !

J-Z - Trop. Et aux States, c'est Fat Beats qui gère. Pour en revenir à "BREAKfast", le label 'Root70lounge' a récupérer

3H - Cool mec, j'suis content pour toi.

J-Z - L'autre chose de bien avec ce label, c'est qu'ils ont plein d'artistes et 3 d'entre eux m'ont déjà sollicité pour des featurings. C'est en cours...

3H - C'est ça mec, le début de la gloire.

J-Z - Ouais, mais surtout j'ai un excellent staff qui gère bien et surtout qui croit en moi (et réciproquement). Et au fait, la tape sur Jay Dee, ça l'a fait ?

3H - Carrément mec. Plus de 500 téléchargements, je l'ai passé à mon taf, des gens ont saigné du nez et tout. Me demandant qui avait mixé.

J-Z - Le truc de fou, c'est que personnellement en production, je sais que j'ai du potentiel. Mais derrière les platines, je ne suis jamais convaincu et je mix vraiment à ma sauce, dans mon délire, sans technique.

3H - Le taf est propre, mec. En plus, mis en lumière par le fait qu'on a playlisté des morceaux qui font grave face B.

J-Z - J'ai passé le "Heavy" est soirée et y'a eu une queue de ouf pour savoir d'où il venait, ce son.

3H - Ah là là,  après ça se dit fans de Jay Dee. Suceurs de merde... 

J-Z - La deuxième partie de la tape va être fat. J'ai concocté une intro avec une instru que j'ai faite spécialement.

3H - J'te fais confiance :)

J-Z - J'peux faire un peu de promo pour le festival qu'on lance ?

3H - Je t'en prie.

J-Z - Pour commencer, il y a un site: Dooinit-festival.com. Entièrement mis sur pattes par le label 'Dooinit', pour proposer une alternative aux 'Transmusical' qui ont stoppé les programmations HipHop. Donc voilà, pour casser avec cette image qui voudrait que sur Rennes et ses environs, personne ne kiffe le vrai HipHop. Le festival est là pour prouver le contraire. Bien que Rennes reste une ville à forte consonance Rock, nous avons bon espoir pour ces premières dates.

3H - Les Trans', avaient pourtant une programmation assez hétéroclite...

J-Z - Oui, c'était même fou en HipHop. Le même soir j'y ai pu voir GangStarr, JayLib, 5 Deez, De La Soul... voilà quoi. Maintenant, ce n'est pratiquement que de l'Electro. Voilà pourquoi nous nous lançons dans l'évènementiel avec ce projet. On espère donner envie à beaucoup de monde avec tous nos invités: Kev Brown & LMNO en tête. De toute façon, pour tous ceux que ça intéresse, y'a juste à taper 'dooinit-festive' dans google et à se laisser guider. 

3H - Ben le message est passé, mec. Y'a plus qu'à te remercier pour ta disponibilité, t'encourager pour ta zik et vous souhaiter les meilleures choses possibles pour le festival.

J-Z - Je t'en prie. Merci surtout à HipHop Hourra qui nous soutient et qui nous pousse, puis bon, j'espère croiser quelques lecteurs du blogs durant le festival.

3H - Peut-être moi, qui sait. Merci encore mec, à plus.

J-Z - Peace.

Interview réalisé par Jyuza 3H.

https://jzen.bandcamp.com/album/guilty-pleasure